L’explorateur

Explorer,
c’est parfois revenir à ce que l’on portait déjà en soi.

Il est étrange d’observer le mouvement du monde tout en se demandant :
où est notre place,
qui sommes-nous vraiment,
quel est notre but.

Pour vous dire la vérité, j’ai la sensation, depuis aussi loin que je m’en souvienne,
que tout ceci n’est qu’une immense farce construite là-haut,
un test.

Et dans un certain sens, je n’avais peut-être pas totalement tort.

Lorsque j’étais enfant, je regardais les étoiles tard le soir,
et je demandais que l’on revienne me chercher,
car je ne comprenais pas ce que je faisais dans un monde où la mesquinerie semblait si souvent l’emporter sur la compassion.

L’essence même de ce que j’étais se sentait en profond désaccord avec l’esprit humain.

Mais lorsque je regardais plus loin
le ciel,
l’horizon,
la nature
j’y percevais des enseignements silencieux, presque cachés.

Puis la vie m’a appris.
Ou peut-être ai-je choisi d’apprendre.

En venant ici, j’ai rencontré l’interdépendance des opposés et le paradoxe qu’elle porte en elle.

Pourquoi ?

Peut-être pour en extraire la connaissance,
la compréhension,
et, avec le temps, une forme de sagesse.

Tout au long de mon parcours, j’ai cherché à comprendre comment soutenir deux vérités opposées sans me fragmenter.

Et pourtant, la fragmentation n’est pas toujours l’opposé de l’unité ;
elle peut parfois en être le passage.

Non pas parce que la souffrance est sacrée en elle-même,
mais parce qu’elle révèle parfois des dimensions du réel qu’une conscience intacte et simplifiée ne pouvait pas encore percevoir.

Peut-être est-ce ainsi que la conscience apprend.

D’abord, elle perçoit.
Puis elle ressent.
Ce ressenti devient symbole, question,
Et avec le temps, parfois… compréhension.

Comme une forme d’alchimie silencieuse entre ce que nous traversons et ce que nous devenons.

C’est là que l’exploration laisse place au plus grand des voyages,
le voyage intérieur,
le voyage vers la mémoire,
vers le j’étais…
le je suis…
et le je deviens…

Lorsque nous marchons les yeux clos, alors bien sûr, nous pouvons nous heurter,
car nous avançons sans réellement voir la trajectoire que nous empruntons.

Mais lorsque nous ouvrons les yeux pour contempler la beauté présente en toute chose,
alors les leçons de la vie commencent doucement à s’offrir à nous,
nous permettant de ressentir la justesse dans ce qui est,
dans ce qui a toujours été,
et dans ce qui sera toujours.

Lorsque nous choisissons de voyager au creux de notre coeur,
de notre esprit,
de notre conscience,
de notre essence,

alors il ne reste plus qu’à découvrir ce que chaque souffle peut nous permettre d’accomplir pour nous-mêmes,
pour cette part de nous qui cherchait simplement à trouver un chemin,
où bien simplement à retrouver le chemin,
mais pas seulement.

Pour le monde tout entier, et pour chaque forme de vie qui l’habite.


J’écoute la sagesse dans mon coeur,
et je lui permets de s’ouvrir à son rythme



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